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Petits et grands secrets du parcours d’Imad Mughnieyh Version imprimable Suggérer par mail

ImageTéléchargez ce compte-rendu d'interceptions touchant les réseaux d'Imad Mughnieyh

Le 14.02.08. Il incarnait à lui seul la part d’ombres, de contradictions, et parfois de renoncements, des politiques occidentales en matière de lutte anti-terroriste. Imad Fayez Mughnieyh, le chef terroriste opérationnel le plus redoutable, à défaut d’être le plus médiatisé, a été tué ce mardi soir 12 février, à Damas...

Le chef historique des activités terroristes du Hezbollah libanais a été pulvérisé dans l’explosion de sa Mitsubishi blanche, alors qu’il circulait dans le quartier sécurisé de Kafar Sousse.

Mughnieyh était le responsable avéré d’enlèvements et d’actes terroristes contre des ressortissants français.

Jamais, néanmoins, le parquet anti-terroriste du Tribunal de grande instance de Paris, pas plus que le juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière longtemps en charge des dossiers le concernant, n’estimèrent utile de délivrer des mandats d’arrêts internationaux à son encontre.

Seules les autorités judiciaires américaines et argentines réclamaient son arrestation – pour, respectivement, le détournement du vol TWA 847 du 14 juin 1985, et les attentats contre l’ambassade israélienne de Buenos-Aires le 17 mars 1992 et contre le Centre culturel juif de Buenos-Aires le 18 juillet 1994.

Les autorités israéliennes tentèrent pour leur part de se venger par une opération d’exécution, organisée le 24 décembre 1994, mais qui tua uniquement son frère, Fouad Mughnieyh.  

Ces dernières années, officiellement traqué sans relâche par les agences de renseignement israéliennes, américaines, britanniques et françaises, Imad Mughnieyh (également orthographié Moughnieh) était pourtant régulièrement aperçu dans la capitale syrienne depuis 2003, après l’intervention américaine en Irak. 

Ainsi, le 26 mars 2004, on l’avait vu pénétrer dans l’enceinte de l’ambassade d’Iran à Damas, au centre d’une escorte qui se déplaçait dans deux véhicules, une Range Rover – avec pour immatriculation le 277488, suivie de la 27ème lettre de l’alphabet arabe, la voyelle longue waw –  et une Mercedes – avec pour immatriculation le 127687, également suivie de la 27ème lettre de l’alphabet arabe.

En outre, depuis le début des années 2000, les opérations de surveillance des groupuscules chiites armés permettaient de suivre les contacts et les réseaux d’Imad Mughnieyh, comme en témoigne le document que geopolitique.com vous propose de télécharger au bas de cet article.

Il s’agit d’un compte-rendu d’interceptions des services de sécurité argentins daté du 20 mars 2002.    

La facilité avec laquelle – semble t-il – il se déplaçait depuis cinq ans entre Damas et Qom (en Iran) contrastait avec les charges qui pesaient contre lui depuis ses lointaines années de guerre au Liban. 

Entre 1985 et 1991, à Beyrouth, Imad Mughnieyh était le chef opérationnel de l’Organisation de la justice révolutionnaire, une entité affiliée au Hezbollah. A ce titre, il était l’ordonnateur et le responsable direct de l’enlèvement de plusieurs otages français au Liban, en particulier celui d’une équipe de six journalistes et techniciens d’Antenne 2, survenu le 2 mars 1986.

Pour Imad Mughnieyh, ces prises d’otages visaient à engager des négociations avec les autorités françaises pour, notamment, obtenir la libération de plusieurs militants, comme par exemple un groupe de dix-sept islamistes emprisonnés au Koweït (au nombre desquels figurait le propre beau-frère de Mughnieyh). 

Quelques années plus tôt, le 23 octobre 1983, Imad Mughnieyh était entré dans l’histoire du terrorisme international en planifiant des attentats massifs contre des immeubles, une technique alors inédite ; et qui visaient en l’occurrence les deux QG de Beyrouth des forces américaines et françaises, causant la mort de 230 personnes. 

Ces attaques provoquèrent le départ des contingents français et américains du Liban.  Une expérience qui pesa pour beaucoup dans les orientations tactiques prises ultérieurement par al-Qa’ida. 

En 1994, à Khartoum au Soudan, une série de rencontres permit en effet au chef chiite de transmettre cette expérience des explosions violentes contre des immeubles à Oussama bin Laden, qui recherchait alors à définir une stratégie d’attentats payante, pour contraindre un jour les Etats-Unis à quitter le pays des lieux saints (l’Arabie Saoudite). 

A partir de cette période, le chef d’al-Qa’ida, privilégia, de manière constante, des attentats contre de vastes ensembles immobiliers ; depuis Khobar jusqu’au World Trade Center, en passant par les ambassades de Nairobi et Dar es Salam. 

La réalité de ces discussions entre Mughnieyh et bin Laden a été attestée par Ali Mohammed, ex trésorier d’al-Qa’ida en Afrique, lors d’une audition devant le procureur de New York, le 20 octobre 2000 (dans le cadre de l’instruction sur les attentats de Nairobi et Dar es Salam). 

Né le 7 avril 1962 dans une famille de religieux chiite, habitant le village de Tayr Dibba, au Sud Liban, Imad Fayez Mughnieyh était un véritable produit du cauchemar de la guerre civile libanaise. Dès 1978, à l’âge de seize ans, il combattait dans la Force 17, l’unité de Yasser Arafat alors en charge des sales besognes.

Un peu plus tard, à la faveur de rencontres paternelles, il fut pris en main par Rafic Droust, futur Commandant en chef des Pasdarans iraniens, la garde prétorienne du régime des mollahs qui venait alors de s’installer à Téhéran. 

En 1983, après un séjour de formation de deux ans en Iran, il revint au Liban pour combattre les occidentaux. Cette année-là, il épousa Saada Badreddine, la sœur d’une personnalité du Hezbollah, Moustafa Badreddine, maire de Nabatiyeh.

Plus tard, il plaça ses activités sous la tutelle personnelle du ministre iranien des renseignements et de la sécurité de l’Etat, Ali Fallahian.  

 

Langue du document : espagnol
Authtification : signature d'un responsable des services de sécurité argentins.

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