| Le rapport classifié du FBI sur les pirates du 11 septembre |
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Ces circonstances rendent d’autant plus nécessaire de publier les rapports factuels sur le 11 septembre, comme celui que nous vous proposons aujourd’hui. Rédigé le 5 novembre 2001 par le FBI, celui-ci est intitulé « PENTTBOM Major Case 182 ». Il s’agit d’une synthèse des quarante premiers jours d’investigation consacrés à reconstituer le réseau de complicités et de soutiens qui a accompagné les 19 pirates de l’air. L’ensemble des données contenues dans le document sont classifiées « LES » ; c’est-à-dire Law Enforcement Sensitive, un niveau de protection réservé aux documents étatiques réalisés dans un cadre judiciaire.
Aussi, dans les champs de l’information publique, des éclaircissements sur des points essentiels font encore défaut de nos jours, même après le rapport de la Commission Thomas Kean sur le 11 Septembre, publié en juillet 2004. Quels réseaux de soutiens logistiques précis ont-ils permis aux 19 pirates de commettre leur action ? Avec quels complices ? Quelles relations de subordination entretenaient-ils avec des lieutenants d’Oussama bin Laden, notamment basés aux Emirats Arabes Unis au moment des faits ? Comment concrètement l’organisation al-Qa’ida se préparait-elle à détruire le World Trade Center, depuis sa tentative de 1993 ?
Les premiers, fidèles alliés de la Maison Blanche, ont pu ainsi à loisir imputer la responsabilité des attaques à leurs cibles de prédilection, par exemple les services de sécurité irakiens pour la période 2002 et 2003, et ainsi légitimer leur politique visant à refaçonner le Moyen-Orient. Les seconds, faisant assaut de scientisme, ont cherché coûte que coûte à stigmatiser les Etats-Unis, accusés d’avoir laissé ces attaques se perpétrer pour mieux déployer leur nouvelle politique étrangère. Comme souvent, la version authentique semble plus triviale que les légendes, quels que soient leurs auteurs. Même si la contradiction entre les deux ne changera rien. C’est avec des légendes que de nombreuses populations aiment se transcender. Langue du document : anglais. Pour télécharger ce document vous devez être abonné et connecté (si vous possedez un compte vous devez vous identifier dans la colonne à gauche de cet article) |

Toutefois, depuis longtemps, ledit cadre a perdu sa raison d’être. Puisque le pouvoir exécutif américain a décidé de répondre à l’attentat du 11 septembre par une guerre contre le terrorisme, et non par une série de procédures judiciaires spécifiques débouchant sur un procès public (il n’existe pas de procédure criminelle USA vs. Oussama bin Laden et consorts pour les actes du 11 septembre, contrairement aux attentats de Nairobi et Dar es Salam qui provoquèrent l’ouverture d’un tel recours).
C’est à ces interrogations que répondent ces 22 pages du FBI, particulièrement circonstanciées. En le lisant, nous prenons la mesure de l’un des paradoxes les plus intéressants pour nourrir une pensée critique sur cet évènement clé. La relative opacité qui l’entoure arrange tout le monde : d’une part les farouches défenseurs d’une géopolitique conservatrice, obsédés par la survie d’un universalisme que piloterait un petit groupe de puissances chargé de contenir la sauvagerie du monde. D’autre part certains mouvements tiers-mondistes et altermondialistes, obsédés par le complot permanent venu de Washington.