| La banque EIH, nouveau cheval de Troie de Téhéran |
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09.06.08 Ali Peyman geopolitique.com a pu s’entretenir avec l’un des directeurs de l’EIH Bank à Hambourg en Allemagne. Malgré son refus d’être cité, les éléments que nous avons recueillis montrent que cet établissement financier représente pour le régime des mollahs un nouvel instrument pour contourner le régime d’interdiction à l’encontre du secteur bancaire iranien. Fondée en Allemagne en 1971 par le régime du Shah, l’EIH Bank a permis à Téhéran de financer les exportations allemandes pour ses grands projets d’industrialisation, notamment dans le domaine énergétique. Jusqu’à présent, cette banque en faveur des intérêts iraniens, mais de nationalité allemande, ne disposait que d'une modeste représentation à Téhéran. Or, dans le sillage d’une réforme des banques iraniennes annoncée le 25 mai dernier, la banque centrale du pays a donné son accord à la création d’une importante filiale de l’EIH Bank à Téhéran. Principal intérêt : les spécificités réglementaires germaniques rendent laborieuses la mise en application des sanctions américaines dès lors qu'elles touchent une banque de droit allemand. L’EIH Bank a donc conservé toutes ses capacités opérationnelles, même si elle figure dans la liste des établissements publics iraniens stigmatisés par Washington. Cette initiative présente plusieurs avantages pour les mollahs. Elle permettrait de transférer les activités des banques sanctionnées vers une entité plus acceptable dans le concert des échanges financiers internationaux. L’EIH Bank servirait ainsi de couverture pour la poursuite de transactions mis en place avec l’étranger par des établissements plus exposés. L’actionnariat de l’EIH Bank vient de connaître des modifications qui rendent possible ces développements. Le régime a ainsi nommé un nouveau directeur à la tête de la banque San’at va Ma’dan, principal actionnaire d’EIH Bank. Celui-ci, Mohammad-Reza Pishro, appartenait jusque là au conseil d’administration de la banque Saderat, le premier des établissements sanctionnés par les américains. Pour matérialiser ce projet, il suffirait d’élargir simplement le champ géographique des opérations gérées par l’EIH Bank. Ces dernières années, l’établissement financier de Hambourg s’était imposé comme l’une des principales banques d’affaires pour le financement des projets entre Téhéran et Berlin via une agence inaugurée en 2005 dans la zone franche iranienne de l'île de Kish. Sur cette bande de terre, l'EIH Bank avait le statut d'une banque étrangère (puisque de droit allemand) et bénéficiait des avantages d’une banque offshore. En marge de ces manœuvres qui touchent l’EIH Bank, le ministère iranien des finances a également pris ses dispositions pour modifier le système bancaire à l’intérieur du pays, là encore afin de limiter la portée des sanctions. Outre la Saderat, trois autres grandes banques iraniennes avaient été visées par les mesures américaines, la banque Sepah, la banque Melli et la banque Mellat. La réforme du 25 mai prévoit qu’elles intègrent un groupe de huit banques qui fusionneront entre elles, pour se placer ensuite sous la tutelle de la Banque islamique de Prêts. © www.geopolitique.com
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