| L'angélisme de la conférence contre la faim |
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03.06.08 rédaction geopolitique.com À partir d’aujourd’hui et jusqu’au 5 juin, à Rome, les dirigeants de la planète tenteront de proposer des solutions pour endiguer la crise alimentaire qui a frappé plusieurs pays du Sud depuis le mois de février. Au-delà des déclarations attendues à l’issue des débats, il est peu probable que cette Conférence sur la sécurité alimentaire atteigne ses objectifs. Naturellement, les délégations affirmeront leur volonté de ne plus jamais assister à ces émeutes de la faim provoquées par des peuples du quart-monde qui ne peuvent plus accéder à leurs propres excédents alimentaires. Surtout si ces émeutes sont filmées par des chaînes d'information occidentales. Pour autant, excepté les politiques à court terme d’interventions humanitaires, on voit mal comment la cinquantaine de chefs d’États réunis à Rome pourraient mettre, durablement, un terme à ce phénomène. À ce jour en effet, aucun grand pays industrialisé n’a proposé de réformer en profondeur le système agricole mondial et le marché agroalimentaire qui en dépend. Or, la marge de manœuvre est quasi nulle, compte tenu des terres cultivables sur la planète, et de la configuration actuelle des flux de dépendance entre producteurs et consommateurs. Et encore, le premier de ces facteurs-là évolue-t-il dans un sens défavorable. La semaine dernière, à Athènes, l’Institut pour l’environnement et la sécurité humaine de l’ONU a rendu public son rapport prévisionnel sur l’évolution climatique. Ses conclusions confirment que la superficie des terres agricoles diminuera de manière drastique. En cause : le réchauffement de la planète. A l’horizon 2050, les changements climatiques auront réduit à un tel niveau la superficie des terres arables, que ces bouleversements provoqueront des déplacements massifs de population. En Egypte par exemple, 16 millions de personnes, victimes de la désertification, seront contraintes de quitter le territoire de leur naissance. Selon Janos Bogardi, directeur de cet institut de l’ONU « Au Vietnam, l’élévation du niveau de la mer entraînera le recouvrement des cultures, et une perte de 30% de son PIB » Ces réalités climatiques et leurs conséquences expliquent, pour une large part les dernières estimations de l’OCDE, particulièrement sombres, sur le prix des denrées alimentaires. Selon l’organisation internationale, entre 2008 et 2017, le prix du blé augmentera de 50%, le prix du sucre augmentera de 40%, le prix de la viande bovine augmentera de 20%, le prix des huiles végétales augmentera de 80%. © www.geopolitique.com
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