| Quand la coopération est une affaire de vie ou de mort |
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Semaine du 4 au 11 juin Par Bernard Estrade L’Indonésie et la Chine ont cessé de fournir régulièrement à l’Organisation mondiale de la santé les échantillons biologiques des cas de transmission à l’homme de la grippe aviaire identifiés sur leur territoire. L’Indonésie compte prés du tiers des 306 cas mortels de contamination humaine par le virus H5N1 dans le monde recensés à ce jour. Devant le Vietnam et la Chine. Des cas ont été également signalés en Europe, en Afrique et en Amérique du nord. Les scientifiques redoutent une mutation du virus qui lui permettrait de se transmettre directement d’homme à homme. Jusqu’à présent, un contact direct avec un volatile est nécessaire. La menace pour l’humanité est terrifiante : En 1918, la grippe espagnole avait fait de 20 à 50 millions de morts. Le Pentagone travaille sur l’hypothèse que la grippe aviaire pourrait faire faire trois millions de morts en six semaines pour les seuls Etats-Unis. La meilleure protection passe par une vigilance constante permettant de détecter à temps toute mutation du virus afin de pouvoir déclencher l’alerte mondiale et mettre au point le vaccin nécessaire.
Depuis octobre dernier, l’Indonésie ne joue plus le jeu : sur un total de 15 nouveaux cas, elle n’a soumis que trois échantillons concernant deux patients. Quant à la Chine, depuis un an, elle n’en a soumis aucun . Siti Fadilah Supari, le ministre de la santé indonésien a expliqué pourquoi : Voulant se procurer l’année dernière du Tamiflu, un médicament pour la grippe aviaire, elle s’est entendue dire que tous les stocks existant avaient été déjà achetés. Pour l’Indonésie, le pays où le besoin était le plus grand, il y avait deux ans d’attente. « Et c’était juste pour du Tamiflu. Imaginez que nous ayons été au début d’une pandémie et qu’il se soit agit du vaccin protégeant l’homme », a-t-elle fait remarquer. A l’évidence les gouvernements des pays où le vaccin est fabriqué le réserveraient pour leur propre population… Mais ce vaccin ne peut être mis au point sans les échantillons du virus provenant des pays où la pandémie s’est déclarée et les premiers touchés. La seule voie passe donc par la coopération. Mais sur quelles bases ? L’assemblée annuelle de l’OMS a essayé de répondre à la question le mois dernier à Genève. Sans succès : les 2,400 délégués représentants les 193 pays membres n’ont pu que rappeler les principes et créer deux commissions dont les suggestions sont attendues pour l’automne.
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Selon les règles de l’OMS, tous les pays doivent immédiatement signaler les cas suspects et fournir les échantillons mis ensuite à la disposition de tous les laboratoires intéressés.