| Mais où le Pentagone logera les chefs d'Africom ? |
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Semaine du 2 au 9 juillet Par Bernard Estrade La Libye n’en veut pas. L’Algérie non plus et même le Maroc vient de décliner la proposition. Mais où donc le Pentagone va-t-il bien pouvoir loger Africom, son nouveau commandement militaire unifié pour l’Afrique ? Le responsable du dossier au Pentagone, Ryan Henry, premier sous-secrétaire adjoint à la Défense chargé des affaires politiques, en tournée en juin à Tripoli, Alger et Rabat a fait chou blanc. Le Maroc, allié discret et traditionnel des Etats-Unis, pouvait apparaître comme une solution géographiquement et politiquement tentante. Mais si Rabat était disposé à se laisser convaincre, les voisins - algériens, tunisiens et libyens - nouveaux et importants amis de la maison Blanche dans sa « lutte contre la terreur », ont fait savoir qu’ils considéreraient la sélection de Rabat comme « inamicale ». Pour eux, l’installation d’Africom dans la région constituerait un cadeau pour les propagandistes de l’Islam extrémiste qui travaillent les populations arabes et musulmanes du Maghreb et du Sahel. Il n’en est donc pas question. L’aide militaire américaine est certes bienvenue mais elle doit rester discrète. À l’image des équipes des Forces Spéciales américaines qui opèrent dans le cadre de l’Initiative contre-terroriste trans-saharienne (TSCTI) dotée d’un budget de 500 millions de dollars. Ryan Henry n’avait pas eu plus de chance lors d’une précédente tournée en mai dernier dans six pays d’Afrique sub-saharienne, tant sur la côte ouest que sur la côte est. De Dakar à Nairobi, la perspective d’abriter un Quartier Général de l’armée américaine qui pourrait compter un millier d’hommes ne provoque pas d’enthousiasme. Il y aurait bien Addis Abeba ; les Etats-Unis utilisent déjà l’Ethiopie comme bras armée et base arrière du nouveau front qu’ils ont ouvert en Somalie contre de supposés jihadistes. Mais la capitale éthiopienne est aussi le siège de l’Union africaine, une proximité qui pourrait se révéler politiquement gênante. Surtout pour les chefs d’états africains qui s’y retrouvent pour leur sommet annuel. Et la minuscule Djibouti abrite déjà la Force Combinée pour la Corne de l’Afrique (CJTF-HOA), à ce jour 1,700 militaires américains installés dans un ancien camp de la Légion étrangère et en pleine expansion. Le président George W. Bush n’avait apparemment pas prévu lorsqu’il a annoncé en février dernier la création d’Africom que les hôtes ne se presseraient pas. Au contraire, se plaisaient à confier des responsables du dossier à Washington, les capitales candidates vont se bousculer et il sera difficile de choisir et de ne vexer personne. C’était avant d’avoir demandé. En attendant, le Quartier Général d’Africom reste basé à Stuttgart, en Allemagne.
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