| Les Marines préfèreraient l'Afghanistan |
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Semaine du 22 au 29 octobre Par Bernard Estrade Les Marines veulent quitter l’Irak et proposent en échange de prendre en charge l’ensemble des opérations en Afghanistan.La suggestion, inattendue et qui prend à contre-pieds la doctrine américaine d’emploi des forces, a été faite au début du mois lors de l’une des premières sessions de travail de l’amiral Mike Mullen, le nouveau chef de l’État-major interarmées. Robert Gates, le secrétaire à la Défense , a confirmé cette surprenante idée d’abord révélée par The New York Times tout en tentant de la minimiser en la qualifiant de « réflexion tout à fait préliminaire ». L’effectif actuel des Marines en Irak est d’environ 25.000 sur un total de 160.000 soldats américains, pour l’essentiel appartenant à l’U.S. Army déployés dans le pays. En Afghanistan, les Etats-Unis ont quelques 26.000 hommes pour la plupart relevant d’unités de l’Armée. Confier chacun de ces deux théâtres à un opérateur unique donc seul responsable des opérations de leur conception à leur mise en place peut donc apparaître comme la bonne idée, l’œuf de Christophe Colomb, tellement lumineuse que personne n’y avait pensé avant. Si Operation Iraqi Freedom (OIF) et Operation Enduring Freedom (OEF) –la dénomination du Pentagone pour les interventions en Irak et en Afghanistan- relève chacune d’un opérateur unique, il n’y a plus qu’une seule chaîne de commandement, la logistique s’en trouve simplifiée et toute duplication d’effectifs et de moyens évitée. La gestion des rotations des troupes sur le terrain en serait également facilitée alors que les effectifs des forces armées se révèlent insuffisants pour une guerre qui entre dans sa cinquième année. Ce serait donc une idée de génie pratique bien dans la tradition du corps des Marines, historiquement le moins nombreux et le moins bien doté des forces armées américaines, ce qu’il compense à la fois par son âpreté au combat et son mode de pensée qui privilégie le simple et le concret. Les Marines voudraient que le débat se concentre sur ces raisons éminemment pratiques et non le fait qu’ils l’ont ouvert alors que la guerre en Irak devient d’autant plus impopulaire au sein de la population américaine qu’elle apparaît perdue. Ce qui n’est pas en revanche le cas pour les opérations contre les talibans et la traque des combattants d’al-Qaïda à la frontière du Pakistan. Les Marines mettent aussi en avant leur spécificité : leurs unités de combat sont basées sur des navires, facilement mobiles et, avec leur aviation, ils disposent en interne de l’ensemble de la panoplie des moyens terre-air-mer. Ils sont ainsi les plus aptes aux interventions rapides en n’importe quel point du globe que seront l’essentiel des opérations militaires des décennies à venir. Avec cette démarche, qui a pris de court le Pentagone, les Marines se sont aussi inscrits dans l’après Irak et dans l’après Bush dont le mandat arrive à expiration dans un peu plus de 15 mois. Ils se positionnent aussi pour les futurs arbitrages budgétaires qui, même avec une enveloppe dépassant les 600 milliards de dollars, s’annoncent difficiles.
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