| Les lobbyistes irakiens de Washingon |
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Semaine du 3 au 10 septembre Bernard Estrade Ayad Allawi, ancien premier ministre intérimaire de l'Irak sous occupation américaine, vient de s'assurer pour 300.000 dollars les services de Barbour Griffith & Rogers, l'une des plus puissantes firmes de lobbying de Washington. Allawi veut en effet retourner au pouvoir et il sait bien que ce n'est pas à Bagdad qu'il faut faire campagne -il réside d'ailleurs habituellement à Amman, en Jordanie- mais dans la capitale américaine. Ce qui implique de s'y assurer les services de ces cabinets qui monnayent leur influence auprès de l'administration Bush et du parti Républicain. Depuis Ronald Reagan, Barbour Griffith & Rogers est l'un des plus efficaces dans le domaine des affaires étrangères. Il a notamment aujourd'hui à son service, Philip Zelikow, au début de l'année encore numéro deux de Condoleezza Rice au Département d'Etat, ainsi que l'ambassadeur Robert Blackwill, une figure de la diplomatie américaine, ex-envoyé spécial du président Bush en Irak. Et parmi ses clients figurent, entre autres, l'Inde, le Qatar ainsi que le Gouvernement régional du Kurdistan. Ayad Allawi s'est refusé à indiquer qui réglait la note. « Un supporter de notre cause », a-t-il juste consenti à déclarer. Avant cependant de faire remarquer que 300.000 dollars pour six mois cela n'était pas beaucoup et que « d'autres, nos adversaires, payaient beaucoup plus cher. » Et M. Allawi peut compter sur des mécènes dont les poches sont profondes, le Koweit et l'Arabie Saoudite plus particulièrement. Pour ne pas nommer Hazem Shaalan, le vieil ami dont il avait fait son ministre de la Défense et qui est aujourd'hui en fuite accusé d'avoir détourné un milliard de dollars en cash. Quelque soit le montant de l'addition et l'identité de celui qui la règle, la campagne a été lancée et apparemment elle porte ses fruits. Simultanément, de Hillary Clinton à Bernard Kouchner, l'actuel premier ministre, Nouri al-Maliki est présenté comme un minus sectaire incapable de bâtir un consensus politique et dont les jours au pouvoir doivent être abrégés. L'explication a l'avantage d'accréditer l'idée -fausse- que l'actuel gouvernement irakien est incapable de tirer profit des bénéfices de l'escalade américaine en Irak qui porte ses fruits en rétablissant la sécurité. Un pas de plus et l'administration américaine pourra reprocher aux Irakiens leur ingratitude et les accuser de gaspiller les sacrifices qui sont faits pour eux. Quant à Allawi, il a expliqué sur CNN avoir développé « un plan en six points » dont « l'objectif et de sauver l'Irak, épargner les vies américaines et aussi bien sûr celle des Iraquiens tout en sauvegardant la mission des Etats Unis ». Et tout cela « par des moyens démocratiques ». Sans préciser lesquels. Après avoir été nommé premier ministre par intérim en juin 2004, M. Allawi, qui disposait de l'appui des forces d'occupation; avait eu six mois pour organiser les élections. Et il avait obtenu juste 14 % des voix.
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