| Les limites de l’engrenage iranien |
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Semaine du 24 sept. au 1er octobre par Bernard Estrade Le général David Petraeus, commandant les forces américaines en Irak a confirmé la construction d’une nouvelle base proche de la frontière iranienne afin, selon ses termes, « de bloquer l’afflux des armes » envoyées par Téhéran. Le porte-parole des forces américaines, le général Kevin Bergner affirme que le quartier général US à Bagdad a fait l’objet de tirs de missiles de 240 mm directement fournis par l’Iran aux milices chiites. Il vient juste de rejoindre son poste, directement de la Maison Blanche où il s’était fait remarquer pour son alignement sur les néo conservateurs, architectes de l’invasion de l’Irak qui ont maintenant pris Téhéran en ligne de mire.
Un peu comme avant l’invasion de l’Irak en 2003, la Russie et la Chine, y sont opposées. Les Européens balancent mais la diplomatie américaine a cette fois reçu le soutien sans réserve de Paris qui a adopté le langage de Washington et « se prépare au pire ». Le discours de l’administration Bush est accompagné d’un message clair, en forme d’ultimatum : si le conseil de sécurité ne plie pas à notre volonté les Etats-Unis procèderont seul. L’étape suivante a même été annoncée : Washington placera les Gardes de la révolution islamique sur la liste des entités terroristes, une mesure lourde de conséquences qui pour la première fois mettrait hors la loi une unité militaire et un pan entier des institutions d’un pays souverain. Washington a également haussé d’un cran la rhétorique menaçante : Le président Bush a accusé l’Iran de placer la région « sous l’ombre d’une holocauste nucléaire ». Il a aussi révélé avoir autorisé les chefs militaires américains « à bloquer les activités meurtrières de Téhéran ». Sur le plan militaire tactique, le Pentagone a fait son travail. Les plans d’attaque sont prêts. Les fuites soigneusement orchestrées révèlent un éventail allant de frappes limitées contre des cibles conventionnelles à la suppression de l’ensemble de la structure militaire et économique de l’Iran, installations nucléaires bien évidemment comprises. La hiérarchie militaire en général, et l’amiral William Fallon, le commandant du CENTCOM qui serait en charge des opérations, n’est pas favorable : les renseignements sur l’Iran ne permettent pas d’avoir l’assurance que les premières frappes américaines pourraient supprimer toute capacité de réplique. Les exceptions se trouvent surtout au sein de l’Armée de l’air soucieuse de justifier ses prétentions budgétaires et anxieuse de démontrer la validité du concept de supériorité aérienne mis à mal par la piètre démonstration israélienne au Liban. Comme dans les mois ayant précédé l’attaque de l’Irak, l’opinion publique tant américaine qu’internationale est préparée. Les militaires mettent en place la logistique : les navires sont sur zone, les équipages entraînés et les avions déployés sur les bases avancées. Ils sont prêts à faire face à toutes éventualités, à obéir a tout ordre qui leur parviendra. Mais le système peut devenir une machine infernale et l’escalade peut s’enclencher sans qu’une décision politique soit prise à priori. Un incident, à la frontière par exemple, suffirait pour déclencher l’engrenage infernal d’attaque réponse jusqu’à l’embrasement total. Et personne ne pourra être accusé après coup d’en porter la responsabilité.
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Condoleezza Rice cette semaine aux Nations Unies à New York, la semaine dernière au Proche Orient, s’efforce de rallier la communauté internationale à une nouvelle résolution renforçant les sanctions contre Téhéran accusé de vouloir se doter de l’arme nucléaire.