| Les chefs paramilitaires s'échappent de Colombie |
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14.05.08 redaction geopolitique.com Contacté ce matin à Bogota par geopolitique.com, Ivan Cepeda, le fondateur du Mouvement national des victimes des crimes d’Etat s’est dit scandalisé par les extraditions de ces derniers jours. En l’espace d’une semaine, le président combien Alvaro Uribe a en effet pris la décision d’extrader vers les Etats-Unis certains des chefs les plus importants des groupes paramilitaires d’extrême droite. Depuis le 7 mai, quinze chefs paramilitaires, le plus souvent impliqués dans des crimes de sang collectifs, sont partis pour les Etats-Unis où le département de la Justice les recherche pour des trafics de drogue. De fait, ces extraditions mettent un terme aux procédures judiciaires engagées en Colombie. Celles-ci s’intéressaient aux relations des anciennes milices paramilitaires avec l’armée gouvernementale et avec des décideurs politiques de l’actuelle majorité. Le 7 mai dernier, Bogota a d’abord extradé vers les Etats-Unis Carlos Mario Jimenez, considéré comme l’un des plus importants chefs. Et hier, de manière inattendue, les autorités ont annoncé que quatorze autre figures des paramilitaires d’extrême droite avaient été remis à des fonctionnaires de la DEA, l’agence américaine antidrogue, très présente en Colombie. Parmi elles : Martin Torregrosa, un chef de guerre qui était à la tête d’un vaste réseau de production de cocaïne. Ces extraditions brutales ont été décrétées alors que les derniers progrès des enquêteurs inquiétaient les proches du président Uribe. Récemment, l’un des paramilitaires extradés, Ivan Roberto Duque, a ainsi reconnu que son groupe paramilitaire avait perpétré des assassinats collectifs en accord avec l’armée. Tandis qu’un autre extradé, Salvatore Mancuso, a détaillé les liens qui rapprochaient les groupes paramilitaires d’une importante multinationale agroalimentaire implantée en Colombie. Ces révélations s’inscrivent dans un contexte lourd. Mario Uribe, le propre cousin du président, a déjà été mis en cause pour des liens avec les paramilitaires, ainsi que soixante-trois membres du Parlement appartenant à la majorité au pouvoir. Selon Ivan Cepeda, ces extraditions inopinées interviennent « en contradiction avec les avis émis par la Cour Suprême de Colombie ». La haute instance colombienne avait en effet donné son agrément pour déférer ces criminels devant des justices étrangères, mais à condition qu’ils aient été préalablement jugés en Colombie. En Colombie, la loi « Justice et Paix » du 21 juin 2005 proposait aux paramilitaires d’abandonner les armes en échange d’une immunité partielle. Plusieurs organisations internationales s’étaient élevées contre certaines dispositions de ce texte, considérées comme trop laxistes.
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