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Le troisième front de la guerre américaine contre la terreur Version imprimable Suggérer par mail
Semaine du 11 au 18 juin
Par Bernard Estrade

Un navire de guerre des Etats-Unis a bombardé au début du mois une localité du nord-est de la Somalie visant des militants islamistes. L’aviation américaine est déjà, elle, intervenue au moins à deux reprises depuis le début de l’année dans le sud de ce pays de la Corne de l’Afrique.

Après l’Afghanistan et l’Irak, les Etats-Unis ont ouvert en catimini un  troisième front de la «guerre contre la terreur»  dans une région stratégique, à la charnière du continent africain et de la péninsule arabe.

Le Pentagone a fait appel à ses moyens conventionnels –une première en Afrique- parce que les actions plus discrètes que les forces spéciales américaines menaient depuis 2001 dans la région ne suffisent plus. 

Les troupes éthiopiennes sont en effet en train de s’enliser en Somalie selon un scénario qui n’est pas sans ressembler à celui de l’invasion de l’Irak. Entrées il y a six mois dans le pays avec l’aide et les encouragements des Etats-Unis, les forces d’Addis Abeba sont parvenues sans coup férir a chasser de Mogadiscio, la capitale somalienne, la Coalition des tribunaux islamiques qui inquiétait Washington.

Mais depuis qu’elles ont « accompli leur mission » les troupes éthiopiennes sont constamment harcelées. Leurs ripostes brutales renforcent la résistance de la population et le gouvernement somalien imposé de l’extérieur ne parvient pas à asseoir son autorité.

Les bombes artisanales et les attentats suicides, jusqu’alors inconnus en Somalie, ont fait leur apparition et tendent depuis à se multiplier et à gagner en impacts. Des attaques commencent également à être signalées dans le territoire éthiopien lui-même.

Les noms des nouveaux acteurs qui revendiquent la responsabilité de ces actes évoquent des mouvements se réclamant d’al Qaïda : « Brigades du Tawid », « Jihad dans le pays de Somalie », « Mouvement des jeunes moujahidine »,  « Mouvement de la Résistance populaire du pays des deux migrations ». 

Et les idéologues du mouvement, dont Ayman al-Zawahiri, le plus proche compagnon d’Ousama ben Laden ont déclaré la Somalie « terre d’islam » et demandé aux volontaires étrangers d’y aller faire le Jihad.

Apparemment pour ce nouveau théâtre en Afrique, Washington voit grand : La CJTF-HOA (Combined Joint Forces-Horn of Africa) installée à Djibouti au Camp Lemonier, une ancienne base de la Légion étrangère, compte déjà 1.700 hommes et s’étend sur 15 hectares.

Le Pentagone vient de prévenir les autorités djiboutiennes qu’il aurait besoin cette année de 190 hectares de plus.


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