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Le pompon pour les amiraux américains Version imprimable Suggérer par mail
Semaine du 25 juin au 2 juillet
Par Bernard Estrade

Pour la première fois depuis plus de 20 ans, un marin sera à partir d’octobre prochain le Chef d’état-major des forces armées américaines, le sommet de la hiérarchie militaire des Etats-Unis. La Maison Blanche a en effet choisi pour ce poste emblématique l’amiral Michael Mullen. Il succédera au général Peter Pace remercié, sans cérémonie et contrairement à la tradition, à l’issue d’un seul mandat de deux ans.

Le départ de « Perfect Pete », le surnom méprisant que lui a valu son alignement sans faille sur les maîtres civils du Pentagone, ne sera pas beaucoup pleuré par les hommes en uniforme. En revanche, le choix d’un marin comme premier conseiller militaire du Président fait grincer les dents des généraux de l’armée de terre.

C’est en effet l’armée qui supporte de plein fouet et à grand coût les guerres en Irak et en Afghanistan. Pas la marine ou l’aviation. La nomination d’un amiral au sommet de la hiérarchie suit l’annonce qu’un autre marin, le vice-amiral Eric Olson, sera le prochain chef du Commandement des opérations spéciales. 

C’est seulement la seconde fois depuis sa création en 1987 que le SOCOM ne sera pas commandé par un terrien. Alors que ses prérogatives et ses moyens ne cessent de s’accroître au nom de la « guerre contre la terreur ».

A la surprise générale il y a déjà cinq mois, l’amiral William Fallon avait été nommé pour succéder au général John Abizaid à la tête du « Central Command », le commandement régional responsable des opérations en Irak et en Afghanistan. Le Commandement du Pacifique est aussi entre les mains d’un amiral, Timothy Keating, comme l’intérim du Commandement pour l’Afrique nouvellement créé confié au contre-amiral Robert Moeller. 

Hors Pentagone, ce sont également deux vice-amiraux en retraite, Michael McConnell  et John Redd qui ont succédé à des civils aux postes hautement sensibles de Directeur pour le renseignement national et de chef du Centre national de contre-terrorisme.

Les généraux accusent Donald Rumsfeld pour leur perte d’influence : l’ancien secrétaire à la défense les considérait comme des dinosaures refusant le changement. Son limogeage n’a pas restauré leur réputation. Les marins, en revanche, auraient une vision plus globale et plus politique mieux adaptée aux nouvelles missions des forces américaines. 

Le prochain Chef d’état-major semble en tout cas avoir sa propre idée : Robert Gates raconte lui-même, que demandant à l’amiral Mullen qu’il auditionnait pour le poste quelle devait être, à son avis, la première préoccupation pour le chef des forces américaines, il  avait répondu : « l’armée ».

 
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