| Le bourbier irakien malgré tout |
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Semaine du 7 au 14 mai Par Bernard Estrade Les 3.700 soldats de la 4e brigade de la Seconde Division d'Infanterie sont arrivés cette semaine à Bagdad. Il y a tout juste quatre ans pourtant, le président George W. Bush, plastronnant sur le pont du porte-avions Abraham Lincoln sous une bannière proclamant « Mission accomplie » annonçait la fin des principales opérations de combat en Irak. Les Etats-Unis avaient alors 150.000 soldats en Irak et y avaient perdu 139 hommes. Quatre ans plus tard, ils y alignent 160.000 hommes. Leurs pertes ont dépassé 3.350. Il n'y a pas de décompte officiel des victimes civiles, les autorités irakiennes mises en place par les forces d'occupation l'interdisent. En 2006, les Nations Unis les estimaient à un peu plus de 3.000 par mois. Et l'ONU chiffre à plus de quatre millions, dont la moitié est réfugiée à l'étranger, le nombre des Irakiens déplacés par la violence. La Maison Blanche avait annoncé que la guerre et la reconstruction ne coûteraient pas plus de 30 milliards de dollars et qu'ils seraient essentiellement payés par le pétrole irakien. Aujourd'hui, la note approche les 500 milliards et la production pétrolière, toujours inférieure à son niveau d'avant guerre, enrichit surtout les milices kurdes et chiites qui contrôlent le marché noir. Et la reconstruction n'avance pas : un rapport officiel rendu public cette semaine révèle que sur huit projets majeurs considérés comme terminés, sept sont en fait déjà hors service. L'administration Bush avait lancé l'invasion sous le prétexte que Saddam Hussein dissimulait des armes de destruction massive et entretenait des liens avec al-Qaïda. Sa chute devait permettre d'établir à Bagdad une démocratie qui servirait de modèle à toute la région. L'invasion a, au contraire, engagé une spirale de violences qui a débouché sur une guerre civile et religieuse. Elle nourrit l'extrémisme et le terrorisme leur fournissant à la fois outil de propagande et terrain d'entraînement. Le rapport du département d'État américain pour 2006 établit ainsi que le nombre des opérations terroristes a augmenté de plus de 29 pour cent par rapport à l'année précédente et celui des victimes de plus de 40 pour cent. Et que l'Irak en est la principale raison. Sur le plan intérieur, la popularité du président Bush, qui atteignait 70 pour cent il y a quatre ans, est tombée autour de 30 pour cent et le Congrès est désormais contrôlé par les Démocrates. Harry Reid, leur chef au Sénat vient d'affirmer que « la guerre est perdue ». Cela n'a pas empêché le président Bush d'opposer son veto à une loi qui liait le financement de la guerre à un calendrier fixant un début au retrait des troupes. ©www.geopolitique.com/be |
