| La route de la soie en rénovation |
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Semaine du 1er au 8 octobre Par Bernard Estrade La mondialisation remet au goût du jour la Route de la soie ; lien mythique entre la Chine et l’Occident, établi dès l’Antiquité. Outre la Chine, sept pays sont concernés : au premier chef les quatre nouveaux états d’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan, Ouzbékistan), la Mongolie ainsi que l’Afghanistan et l’Azerbaïdjan. Un premier budget a été établi pour développer fortement la fameuse route : un peu plus de 19 milliards de dollars et la moitié est déjà couverte. Un accord de principe est en effet intervenu en septembre dernier entre les représentants des principales institutions financières internationales –de la Banque Mondiale au Fonds monétaire international en passant par la banque européenne pour la reconstruction, la banque islamique pour de le développement et la banque asiatique pour le développement- réunis à Manille. Un texte définitif devrait être signé le mois prochain. La Route de la soie traditionnelle n’était pas une voie unique mais un réseau le long de trois itinéraires principaux s’étirant sur quelques 8.000 kilomètres de X’ian, dans la Chine centrale, aux rives égyptiennes et turques de la Méditerranée. La route de la soie du 21ème siècle doit être constituée de six corridors (routes et voies ferrés) et il ne s’agit plus seulement de relier la Chine à l’Europe mais aussi de desservir les pays de l’Asie centrale que leurs richesses en hydrocarbures appellent à jouer un rôle économique majeur. La nouvelle Route de la soie, connectée à l’Asie du sud et au Moyen Orient devrait aussi atteindre la Russie invitée à se joindre au projet mais qui n’a pas, à ce jour, donné de réponse. Elle pourrait se faire attendre : Le Kremlin a clairement indiqué ces dernières années que les anciennes républiques soviétiques de l’Asie centrale aujourd’hui états indépendants restent dans sa zone d’influence et qu’il entend avoir la haute main sur leur désenclavement Depuis 200 ans avant le Christ, la Route de la soie a constitué le pont entre la Chine, longtemps puissance dominante, et l’Occident qui l’a supplanté. Elle a été une voie de connaissance et de commerce. Elle a été aussi celle des invasions et des conquêtes, d’Alexandre à Gengis Khan. Au 19ème siècle, la Route de la soie a été la scène principale du « grand jeu », la compétition qui opposait les empires britannique et russe. La Chine n’était plus alors en position d’y assurer un rôle. Aujourd’hui, la situation n’est plus la même : s’il doit y avoir une revanche, ce n’est plus l’Occident qui est le favori.
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