| La compta du renseignement américain |
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Sermaine du 5 au 12 novembre Par Bernard Estrade Un peu plus de 50 milliards de dollars, tel est le budget du renseignement américain pour 2007 qui vient d’être, pour la première fois, rendu public par Michael McConnell, le Directeur pour le renseignement national. Le DNI –pour « Director of National Intelligence » - a ainsi révélé que son budget propre atteignait pour l’année en cours 43,5 milliards de dollars. Comme ce budget représente 80 pour cent du total consacré par les Etats-Unis au renseignement, le calcul est facile. Les vingt pour cent restant reviennent au Pentagone qui finance ses propres activités d’espionnage en marge des administrations placées sous la tutelle du DNI. La DNI regroupe et chapeaute les 17 agences, au total quelques 100.000 personnes, qui se consacrent au recueil et à l’analyse du renseignement. La mise en place de cette Direction, dont le chef a rang de ministre, ainsi que la publication de son budget sont la conséquence directe des enquêtes ouvertes sur les fiasco qu’a représenté pour le renseignement américain les attaques d’Al Qaïda sur le sol américain en septembre 2001 et les fantaisistes évaluations des armes de destruction en Irak. Un document annexe de la DNI révèle que, comme de nombreuses activités relevant auparavant de la seule souveraineté nationale, l’espionnage n’a pas été épargné par la privatisation voulue par l’administration Bush. C’est une tendance lourde de cette administration : les bavures de Blackwater à Bagdad ont récemment attiré l’attention du grand public sur le rôle des compagnies militaires privées qui assument une part de plus en plus grande d’activités relevant auparavant des seules forces armées. On découvre maintenant qu’il en est de même dans le domaine de l’espionnage ou des sociétés privées se voient confier des tâches par définition secrètes. C’est tout bénéfice : à la fois pour l’administration car le contrôle qu’est censé exercer le Congrès sur l’exécutif est rendu plus difficile et pour les sociétés qui ont accès au financement public sans crainte –comme les mercenaires en Irak- d’avoir à rendre des comptes. Il reste à ajouter que les dirigeants de ces sociétés sont le plus souvent d’anciens militaires et de hauts fonctionnaires adeptes de la navette entre secteur privé et public qu’ils sont aussi de généreux donateurs des partis politiques, surtout du parti Républicain. Après la sécurité et la guerre, l’espionnage est, à son tour, devenu le secteur porteur de l’industrie privée américains. |
