| Faut-il ne pas comprendre les intentions de Téhéran ? |
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Du 23 au 30 avril Par Bernard Estrade L’Iran a une nouvelle fois défié les Etats-Unis et l’Europe en annonçant que le centre nucléaire de Natanz passerait à la production d’uranium enrichi « à une échelle industrielle ». Trois mille centrifugeuses auraient été mises en ligne ce qui permet théoriquement d’obtenir en un an les six à huit kilos d’uranium fortement enrichi nécessaire pour fabriquer une bombe nucléaire. Les déclarations iraniennes ne correspondent peut-être pas à la réalité , c’est ce qui a été dit autant par Mohammed El Baradei, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) que par des porte-parole de l’administration américaine. Elles attestent cependant de la volonté des dirigeants iraniens de poursuivre, envers et contre tous, leurs efforts pour maîtriser le complexe processus d’enrichissement de l’uranium dont les applications sont autant civiles que militaires. Difficile de s’y opposer sans nuances. Après tout, le programme nucléaire iranien a débuté sous le Chah et avec les encouragements et la participation des Etats-Unis et de la France. Et de nos jours, même une attaque contre l’Iran des mollahs , outre ses conséquences imprévisibles, ne permettrait pas d’empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire. Juste d’en retarder l’échéance. Elle ne ferait qu’accroître le nationalisme et le ressentiment d’une population sensible aux ingérences et agressions subies depuis un demi siècle. Robert Gates, le secrétaire à la défense américain a lui-même admis que l’Iran pouvait vouloir se doter de l’arme nucléaire car ce pays, a-t-il déclaré devant le Sénat « est entouré de puissances qui en sont équipées : le Pakistan à l’est, les Russes au nord, les Israéliens à l’ouest et nous dans le Golfe persique ». En 2004, le même Robert Gates avait signé un rapport d’experts remarqué, prônant une nouvelle approche sur l’Iran . Les soucis de prévenir la prolifération des armes nucléaires invoqués pour restreindre l’Iran seraient plus crédibles si les grandes puissances respectaient elles-mêmes le Traité de non-prolifération. Si elles n'utilisaient pas leur arsenal pour menacer ou accroître leur influence internationale. Face à cette situation, il est peut-être temps de rechercher, non pas la confrontation, mais comment peut s’instaurer un dialogue qui tient compte de ces réalités régionales.
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