| 33% encore convaincus du lien al-Qa'ida Saddam Hussein |
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Semaine du 17 au 24 septembre Par Bernard Estrade Le soldat qui a perdu ses deux jambes avance avec détermination sur ses béquilles. Sa voix s’élève : « Ils nous ont attaqué et ils nous attaqueront encore. Ils ne s’arrêteront pas en Irak. Ce n’est pas maintenant que nous devons abandonner». L’image du deuxième avion qui vole vers le World Trade Center dont une tour brûle déjà apparaît sur l’écran... Evoquée par l’administration Bush pour justifier l’invasion de l’Irak, la thèse de l’implication de Saddam Hussein dans l’attaque contre le World Trade Center et le Pentagone n’a pas été confirmée ni par la commission officielle d’enquête. Pas plus que par les différents services de renseignements dont les rapports ont été publiés depuis. Mais le petit film publicitaire produit et diffusé par Freedom Watch associant la guerre en Irak aux attaques du 11 septembre est passé ce mois ci sur toutes les télévisions américaines, une campagne dont le budget a atteint 15 millions de dollars. Pas étonnant que, six ans après, 33 pour cent, selon un sondage New York Time/CBS News, restent toujours persuadés que Saddam Hussein a joué un rôle direct dans les attaques contre le World Trade Center et le Pentagone. Ce lien avait été évoqué par l’administration américaine comme l’une des raisons de l’invasion de l’Irak. Il constitue maintenant la principale justification à la poursuite d’une guerre de plus en plus impopulaire qui entre dans sa sixième année et va apparemment faire perdre la prochaine élection présidentielle au parti Républicain. Le président Bush ne peut se permettre une référence directe. Il se contente d’invoquer systématiquement al-Qa’ida dans toutes ses interventions sur la guerre : jusqu’à 95 fois dans un de ses derniers discours sur l’Irak. Alors que, selon les militaires américains eux-mêmes, moins de 15 pour cent des attentats et des attaques dans le pays sont le fait des militants se réclamant d’Al-Qaïda. Enfoncer le clouer et perpétuer la fiction du lien entre Saddam Hussein et Oussama bin Laden est confié à des organisations à l’image de Freedom Watch qui déclare vouloir « protéger les idéaux qui permettent à l’Amérique de rester forte et prospère ». Il n’est nulle part indiqué que Freedom Watch est une émanation du parti Républicain. Son animateur est Ariel Fleischer, un militant de longue date qui a été le porte-parole de George W. Bush à la Maison Blanche de janvier 2001 à juin 2003.
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