| Les titres de propriété de l'appart' des Chirac, quai Voltaire |
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20.09.07 L’hébergement du couple Chirac dans l’une des propriétés parisiennes des Hariri continue de nous interroger sur la portée de l’amitié entre les deux familles, et sur ses origines. Les titres et les documents fiscaux que nous vous proposons de télécharger permettent de déterminer les ayants-droits de cette SCI du 3 quai Voltaire, la société immobilière officiellement propriétaire de l’appartement où vivent Jacques et Bernadette Chirac... Par sociétés interposées, elle appartient bien à la famille de Rafic Hariri, mais la gestion en revient à son éminence grise, Basile Yared. Un homme clé, quand on parcourt à rebours l’histoire de cette amitié franco-libano-saoudienne. « J’ai très bien connu le père, je vous confie le fils » : c’est par ces mots que l’ancien président avait présenté Saad Hariri à son successeur à l’Élysée, lors d’une réunion informelle entre les trois hommes, le 10 mai 2007. Six jours avant l’investiture de Nicolas Sarkozy. À son retour à Beyrouth, Saad Hariri s’était dit « très ému » par ce rendez-vous destiné à sceller – en théorie – la continuité des relations privilégiées de la France avec le clan Hariri.
Tonio Andraos a notamment participé à la prise de contrôle de la société française Oger International par Hariri, après le contrat que ce dernier avait obtenu du roi d’Arabie Saoudite pour édifier le complexe immobilier de Taëf en 1977. Une décision qui explique l’identité franco-saoudienne de ce fleuron de l’empire Hariri : Saudi Oger. Aujourd’hui encore, le groupe Saudi Oger, immatriculé à Riyad en 1978, s’articule autour d’activités et de chantiers situés en Arabie Saoudite, sur la base d’un mandat en ingénierie du BTP confié à sa filiale Oger International installée à Saint-Ouen en région parisienne. C’est dans le cadre du développement de ces activités industrielles, appelant Rafic Hariri à demeurer régulièrement à Paris, que s’est nouée son amitié avec Jacques Chirac, bien avant que le patron du BTP soit appelé à jouer un rôle politique au Liban. Jusqu’à la mort de Rafic Hariri, un homme a été le témoin privilégié de l’affection entre les deux responsables. L’avocat Basile Yared. Il siège dans la plupart des entreprises de l’empire Hariri (par exemple au comité directeur de Saudi Oger), ainsi que dans de discrètes sociétés off-shore créées à la fin des années 70 au Panama, tels Lipo Steamship Corp ou Marblo Management Co (nous avons contacté Basil Yared mais il n’a pas consenti à nous parler). En janvier 1996, Basile Yared a été décoré par Jacques Chirac de l’ordre de la légion d’honneur. Et c’est également lui que l’on retrouve à la tête des structures détenant le titre de propriété de l’appartement où logent les Chirac.
La Fradim passe pour l’un des acteurs importants du secteur des sociétés spécialisées dans l’investissement immobilier ; avec un grand parc de résidences de luxe, implantées sur la Côte d’Azur, à Paris et à Monaco. Dès le début des années 90, la Fradim s’est associée à plusieurs occasions à des chefs de file du marché, telle la Cogedim, pour des projets à Paris.
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Un épisode confirmé par le député libanais Tonio Andraos. C’est un homme du sérail. Il a été le premier ingénieur embauché par Rafic Hariri, et son plus proche collaborateur dans les activités de BTP, de 1978 à 1993.
Derrière la SCI du 3 quai Voltaire d’autres structures juridiques apparaissent, basées au 7 rue de Spontini dans le XVI° arrondissement de Paris – siège du Centre culturel Hariri – et dont le capital dépend de la Fradim, un géant discret, créé par Hariri, détenu par ses héritiers et présidé par Basile Yared.