| Le document de l’OFPRA qui corrige l’histoire du Rwanda |
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Trois jours après l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, des forces spéciales françaises avaient évacué Agathe Kanziga et neuf personnes de son entourage. Après une étape en Centrafrique, ils étaient accueillis à Paris le 17 avril 1994. L’épouse du défunt président rwandais étant alors hébergée aux frais de l’État français, avant d’être reçue par des représentants du Quai d’Orsay. Des marques d’intérêt auxquels les – actuels - fonctionnaires de l’OFPRA n’ont pas été sensibles ; contrairement à d’autres institutions chargées de dire le droit. Ainsi, dans le cadre d’une autre instruction, sur l’attaque contre l’appareil présidentiel, une ordonnance du 17 novembre 2006 de Jean-Louis Bruguière a récemment désigné le Front Patriotique rwandais de Paul Kagamé – soutenu par les États-Unis et devenu depuis président du pays - comme instigateur de cet assassinat d’Habyarimana. À ce titre, les conclusions du juge Bruguière ont ravivé une confusion très politique sur la portée de cette opération contre l’appareil présidentiel. En effet, si celle-ci a provoqué l’embrasement du pays que l’on connaît ; l’ordonnance tend à la présenter comme la cause centrale du déclenchement de la tragédie. Une interprétation contredite par les travaux les plus sérieux sur le sujet. Tel l’ouvrage qui paraît ces jours-ci : « Une guerre noire. Enquête sur les origines du génocide rwandais (1959 – 1994), de David Servenay et Gabriel Périès (La Découverte). L’étincelle qui a donné le départ des tueries ne doit pas être confondue avec les circonstances et les actes préparatoires qui ont rendu ces tueries possibles. Ainsi, si la Commission des recours de l’OFPRA ne nie pas le rôle du FPR de Paul Kagamé dans l’assassinat de son mari, ni les menaces physiques qui pèsent sur Agathe Kanziga, elle décrit aussi dans le détail l’implication de la veuve du président aux côtés des extrémistes Hutus, et leurs visées meurtrières attestées dès le mois d’octobre 1990. Un exercice qui tente de restituer la complexité des évènements, alors que, plus de douze ans après les faits, à Paris comme à Washington, l’écriture de l’histoire rwandaise demeure éminemment politique. Langue du document : français Identification : mentions administratives réglementaires de la Commission de recours des réfugiés de l’OFPRA. |
