| Quand Boeing et Dassault flirtaient (discrètement) ensemble… |
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Le 29.06.06. Le concert de réacteurs donné mardi dernier sur la base de Saint-Dizier en Haute-Marne, à l’occasion du baptême du premier escadron d’avions Rafale pour l’Armée de l’Air, résonnait aussi comme un concert d’applaudissements pour les ingénieurs du bureau d’étude d’Argenteuil, l’antre technologique du groupe Dassault Aviation. Le Premier Ministre Dominique de Villepin, maître de cérémonie, a rappelé en effet à cette occasion la supériorité technologique de cet appareil de 4ème génération, dont l’image a récemment été ternie par des revers commerciaux en Arabie Saoudite, à Singapour, et auparavant en Corée du Sud. Pourtant, ces diverses déconvenues trouveraient davantage leur origine dans une perte d’influence de la politique étrangère de la France (en particulier sur les questions de souveraineté), que dans l’ignorance des talents des ingénieurs de Dassault au profit de ceux de Boeing (en Corée du Sud et à Singapour, le constructeur de Seattle l’a emporté au détriment du fabriquant Français). Sur des questions aussi stratégiques que la modernisation de leur armée de l’air, singapouriens et coréens auraient simplement estimé plus opportun de s’attacher les bonnes grâces de la Maison Blanche, et non pas celles de l’Elysée, nonobstant la probable supériorité du Rafale comparé au F-15. A l’heure où la menace prend la forme de réseaux transnationaux utilisant des bombes artisanales pour commettre des attentats, les accords sécuritaires avec des armées disposant d’un large rayon d’action s'avèrent plus prioritaires que les écarts de performance entre un Rafale et un F-15. Surtout, le discours patriotique consistant à opposer les mérites technologiques de Dassault à ceux de Boeing apparaît d’autant moins fondé que les deux industriels entretiennent depuis longtemps des relations de coopération. Dans ce télégramme du département d’Etat révélé par geopolitique.com, l’ambassade américaine de Paris relate les discussions menées entre 1960 et 1962 par Serge Dassault avec des représentants des industries américaines d’armement. Il détaille en particulier l’état des pourparlers entre Dassault et Boeing pour bâtir des sites de production du Mirage III aux Etats-Unis dans la perspective d’en vendre des unités à l’US Air Force. Et depuis cette période, les deux avionneurs ont régulièrement associé leur savoir-faire technologique. Dernier cas en date : l’accord du 17 février 2004 au terme duquel Dassault System fournit à Boeing la plateforme logicielle pour la conception et le développement du prochain concurrent d’Airbus, le Dreamliner. Langue du document : anglais Pour télécharger ce document vous devez être abonné et connecté (si vous possedez un compte vous devez vous identifier dans la colonne à gauche de cet article) |
