| Les petits papiers de Blackwater leader du mercenariat en Irak |
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Le 15.02.07 C’est la société de prestations militaires privées dont on a le plus parlé cette semaine, à Washington, dans les réunions des commissions du Congrès chargées d’auditer la régularité des contrats passées avec les grossistes du mercenariat. Blackwater-USA. Une entreprise basée en Caroline du Nord, fondée par des anciens officiers des forces spéciales de l’US Navy, et qui participe substantiellement à augmenter le nombre de « soldats privés » en Irak afin de libérer l’armée américaine de ses missions de sécurité courante. Avec les dérives que l’on sait… Car à plusieurs reprises les privés de Blackwater ont démontré leur manque de préparation à participer à des opérations sur des théâtres aussi instables ; dans certains cas, un solide goût pour la gâchette semblant même avoir été un unique critère de recrutement. Mais surtout : pour que ces sociétés réalisent des marges de profit tout en proposant des budgets inférieurs au coût du déploiement de soldats des unités régulières, leurs détracteurs leur reproche de réaliser sur le terrain des économies aux conséquences dramatiques. Emploi de véhicules non blindés, déplacements ne prévoyant pas de couvertures, formation très insuffisante aux spécificités des différentes provinces irakiennes… C’est précisément d’ailleurs les griefs qu’adressent les familles des quatre agents de Blackwater mutilés et assassinés, avant que les corps soient brûlés devant l’objectif de caméras de télévision, le 31 mars 2004. La semaine passée, le 7 février, elles ont présenté à une commission spéciale de la Chambre des Représentants (voir les travaux du U.S. House Oversight and Government Reform Committee on contracting fraud and waste in Iraq) un dossier tendant à prouver qu’ils travaillaient dans des conditions de sécurité très insuffisantes. Et que leur hiérarchie a fait montre d’une légèreté consommée. Plusieurs pièces étayent ces reproches, comme le démontrent des documents relatifs aux missions de mercenariat de l'une des victimes du drame de mars 2004, ainsi que des documents internes de Blackwater, que nous mettons en ligne cette semaine et auxquels vous pouvez accéder en cliquant sur le lien ci-dessous. Néanmoins : les familles de ces mercenaires morts en Irak n’ont que peu de voie de recours contre ces employeurs. En effet, les contrats de Blackwater demandent notamment aux soldats de fortune d’accepter de travailler dans n’importe quelle condition, mais aussi de s’engager par écrit à refuser de poursuivre la société en justice en cas de négligence. Des procédures arbitrales sont prévues pour placer toutes leurs missions en dehors d’un cadre juridique pour lesquels des tribunaux américains ou irakiens pourraient affirmer leur compétence. Ces subtilités permettent à Blackwater d’opérer de substantielles économies sur le coût des assurances et sur les fonds alloués au dédommagement des familles des personnels morts au combat. Des dispositifs naturellement interdits pour le département américain de la Défense, et qui expliquent l’engouement des Républicains pour ces prestataires lors des débats budgétaires – voir à ce sujet l’éditorial de Bernard Estrade de cette semaine. Langue du document : anglais
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