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Le projet MIKSA pour la sécurité des frontières saoudiennes. Version imprimable Suggérer par mail

ImageDocument de 15 pages, daté de juillet 2000 à février 2001, rédigé par le groupe Thales et par la Sofrantem.

Le 15.06.06. A l’occasion du Salon de l’armement Eurosatory qui se déroule en ce moment à Paris, le fils du roi d’Arabie Saoudite et commandant de la garde nationale saoudienne, Mitaeb bin Abdallah, est attendu en France pour évoquer des marchés de défense (comme le reste de la délégation saoudienne qui loge à l'hôtel Meurice à Paris). L’occasion de faire progresser le dossier Miksa… au-delà des faux-semblants.

Le projet Miksa* consiste à bâtir une architecture globale pour la sécurité des frontières saoudiennes ; il se présente sous la forme d’un système centralisé de gestion de moyens de surveillance - radars, satellites, électroniques - susceptible de garantir au ministère de l’Intérieur une capacité d’observation optimale sur l’ensemble des 7.500 kilomètres de frontière. Le marché est chiffré à 6,9 milliards d’Euros.

Dans le document suivant, vous découvrirez la lettre de la direction internationale du groupe Thales, adressée au ministre de l’intérieur saoudien, en date du 22 juillet 2000, au sujet du calendrier de présentation du contrat. Elle est suivie d’une note technique très détaillée présentant l’ensemble du projet Miksa – fonctionnement, moyens, impératifs techniques, ressources humaines. Cette partie-là a été rédigée par l’entité administrative spécifiquement créée pour Miksa, la Direction du programme SBGDP*, élisant domicile Tour Ariane dans le quartier de la Défense et dirigée jusqu’à une date récente par l’ingénieur de l’armement Jacques Lys.

Selon la version officielle française, diffusée par la Délégation générale pour l’armement, depuis le mois d’avril 2006 le projet Miksa ne fait plus l’objet d’une négociation de gré à gré entre la France et l’Arabie Saoudite. Les Saoudiens auraient brusquement décidé de le transformer en un marché ouvert, soumis à une procédure d’appel d’offre internationale. En réalité, c’est dès le mois de décembre 2004 que le ministère de l’intérieur saoudien avait informé – par courrier – la partie française de son intention de soumettre ce marché aux règles de la concurrence internationale.

 À l’époque, cette décision faisait suite à l’attitude très paradoxale de Paris. Les autorités politiques françaises s’étaient en effet montrées incapables de négocier durablement et d’une seule voix avec l’unique interlocuteur saoudien, le prince Nayef bin Abdul Aziz, ministre de l’Intérieur, sur la base du contrat tel qu’il était défini par Thales. Lequel avait pourtant reçu l’agrément de l’administration française par avis favorable de la Commission interministérielle d’exportation de matérielle de guerre (CIEEMG), selon son procès verbal daté du 18 octobre 2001.

À  partir de janvier 2003, en pleine phase finale de négociation, les rivalités internes à la vie politique française, entre l’Elysée d’une part et Nicolas Sarkozy ministre de l’Intérieur d’autre part – interlocuteur naturel de son homologue saoudien sur ce contrat – conduisaient les représentants de l’Elysée à ne plus vouloir signer avec le prince Nayef, et à tenter de passer outre son pouvoir sur le sujet en discutant directement avec le roi Fahd bin Abdul Aziz, puis, après son décès, avec le roi Abdallah bin Abdul Aziz. Après de multiples avertissements, la décision du prince Nayef de recourir à un appel d’offre, dès décembre 2004, sanctionnait leur persévérance dans cette tactique peu adaptée aux mœurs de la famille royale.

Cette attitude française fut à son paroxisme lors de la dernière visite de Jacques Chirac au roi Abdallah à Riyad, au mois de mars 2006, encore menée avec le secret espoir - vain - de doubler le prince Nayef. Au même moment, celui-ci négociait avec le roi son renoncement au poste de vice-Premier Ministre (une décision exceptionnelle mais conforme aux vœux de la Maison Blanche) en contre partie de garanties pour son ministère et pour sa descendance…  

 * Ndr : Miksa pour Ministry interior of Kingdom of Saudi Arabia est le nom générique de ce projet, mais il est désigné par les premiers intéressés par l’acronyme SBGDP, pour Saudi boader guard development program.

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Langue du document : français.

Identification : lettre à en-tête signée du directeur international de Thales (ex Thomson CSF)

 

 

 
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