| La note de la DGA de février 2006 sur l’avenir du contrat Miksa |
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En effet, selon la version officielle française, diffusée auprès des journalistes proches du ministère de la Défense : depuis le mois d’avril 2006 le projet Miksa* ne fait plus l’objet d’une négociation de gré à gré entre la France et l’Arabie Saoudite. À ce moment-là, les Saoudiens auraient brusquement décidé de le transformer en un marché ouvert, soumis à une procédure d’appel d’offre. En réalité, comme le prouve cette note, c’est dès le mois de mai 2005 (un an plus tôt !) que les premiers appels d’offres ont été transmis aux industriels des autres pays. Et c’est dès le mois de décembre 2004 que le ministère de l’intérieur saoudien avait préalablement informé – par courrier – la partie française de son intention de soumettre ce marché aux règles de la concurrence internationale. Ces manipulations de calendrier ne sont pas anodines. À l’époque, cette décision de Riyad faisait suite à l’attitude très paradoxale de Paris liée à l'élection présidentielle. Les autorités politiques françaises s’étaient en effet montrées incapables de discuter d’une seule voix avec l’unique interlocuteur saoudien, le prince Nayef bin Abdul Aziz, ministre de l’Intérieur, sur la base du contrat tel qu’il était défini par Thales. Ce contrat rédigé par Thales, et dont www.geopolitique.com vous a par le passé proposé une copie avec ses annexes financières, avait pourtant reçu l’agrément de l’administration française par avis favorable de la Commission interministérielle d’exportation de matérielle de guerre (CIEEMG), selon son procès verbal numéro 28 de sa session du 18 octobre 2001. Car à partir de janvier 2003, les concurrences internes à la vie politique française, entre Jacques Chirac à l’Elysée d’une part et Nicolas Sarkozy alors ministre de l’Intérieur d’autre part – interlocuteur naturel de son homologue saoudien sur ce contrat – conduisaient les représentants de l’Elysée à ne plus vouloir d’une signature qui aurait bénéficié à leur rival.
L’amitié particulière et ancienne de Chirac avec le prince Salman bin Abdul Aziz, gouverneur de Riyad, n’aura pas permis de contourner l’autorité de Nayef sur ce budget de 7 milliards d’Euros. En revanche, au regard des contacts développés à l’époque entre le prince Nayef et les représentants de Nicolas Sarkozy, ce blocage très politique était promis à être surmonté en cas de victoire de ce dernier en mai 2007… À suivre donc.
* Ndr : Miksa pour Ministry interior of Kingdom of Saudi Arabia est le nom générique de ce projet, mais il est désigné par les premiers intéressés par l’acronyme SBGDP, pour Saudi boader guard development program.
Pour aller plus loin sur ce sujet, lisez nos articles évoquant le contrat Miksa et téléchargez les autres documents confidentiels que nous avons recueilli sur cet accord de défense :
Pour aller plus loin sur cette problématique : 1. Le tableau synthétique des relations économiques franco-saoudiennes pour 2006 réalisé par le ministère de l'Economie et des Finances. 2. Un point sur les relations franco-saoudiennes, du point de vue de l'ambassade de France de Riyad. 3. Un état des lieux de la scène politique saoudienne, par l'un des meilleurs experts français de ce pays, Fatia Dazi-Héni. 4. Un regard sur les relations américano-saoudiennes, du point de vue d'un sociologue de l'Université du Vermont.
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Et cette note contredit bien des discours...
Et le président français de l’époque de tenter de passer outre le pouvoir de Nayef sur le sujet en discutant directement avec le roi Fahd bin Abdul Aziz, puis, après son décès, avec le roi Abdallah bin Abdul Aziz. Après de multiples avertissements, la décision du prince Nayef de recourir à un appel d’offre, dès décembre 2004, sanctionnait les persévérances de l’entourage de Jacques Chirac – et en particulier de Maurice Gourdault-Montagne - dans cette tactique peu adaptée aux mœurs de la famille royale.