| L’attaque contre l’hélicoptère du ministre géorgien provoquée ? |
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Le 12.10.06 Des rapports confidentiels de l’OSCE valident l’hypothèse d’une provocation géorgienne à propos des tirs du 3 septembre dernier contre l’hélicoptère militaire qui transportait le propre ministre de la Défense de Géorgie, sans pour autant exonérer l’armée russe de ses responsabilités dans cette affaire... Immédiatement qualifié « d’acte terroriste » par le président géorgien Mikheïl Saakachvili, cet incident militaire avait précédé de trois semaines l’arrestation de quatre officiers de renseignement russes en activité en Géorgie, déclenchant une crise sans précédent entre Moscou et Tbilissi. Selon les communiqués diffusés par la présidence géorgienne au soir du 3 septembre : d’une part l’hélicoptère du ministre de la Défense Irakli Okrouachvili évoluait dans l’espace géorgien non loin de la frontière avec la région séparatiste d’Ossétie du Sud (soutenue par la Russie), d’autre part il n’était pas armé et enfin il transportait des civils. Les rapports confidentiels sur cette affaire réalisés par la mission de l’OSCE en Géorgie, et envoyés entre le 4 et le 13 septembre au secrétariat de l’organisation à Vienne – et que nous vous proposons de télécharger – livrent une version plus embarrassante pour Tbilissi. Surtout, ils rendent plus incertaine l'hypothèse d'un acte gratuit perpétré par des éléments incontrôlés des milices pro-russes. Dans une première note du 4 septembre, les experts de l’OSCE relèvent qu’en réalité l’hélicoptère survolait non pas un simple couloir aérien autorisé mais le Sud de la zone réservée à la force régionale d’interposition (appelée JPKF, mise en place pour tenter de mettre fin au conflit entre la région sécessionniste d’Ossétie du Sud et la Géorgie). Or, selon un accord du 30 juillet 2002, le survol de cette zone est formellement interdit aux appareils non autorisés par le commandement de cette force régionale – et l’appareil du ministre de la Défense n'avait pas reçu d'autorisation. Concernant le plan de vol, les chefs de la mission de l’OSCE estiment que : « si par le passé des vols non autorisés à une altitude de plus de 1000 mètres n’ont pas pu revêtir un caractère militaire offensif. Ce vol a lui été enregistré à une altitude basse ». D'autant que l'appareil, de type MI-8, était recouvert d'une peinture militaire de camouflage. En outre, la Mission de l'OSCE rapporte des déclarations effectuées par des soldats de la force d'interposition membres des bataillons d'Ossétie du Nord (considérés comme favorable aux milices d'Ossétie du Sud) selon lesquels : « l’appareil volait à 150 mètres » et, surtout, « de sa porte latérale, ouverte, sortait une mitrailleuse lourde » visible depuis le sol. Nonobstant ces données factuelles, l’armée Russe qui participe à la force régionale d’interposition en Ossétie du Sud n’est pas exempte de critiques. En effet, alors qu’une mission d’inspection de l’organisation patrouillait côté Ossédie du Sud pour identifier la provenance des tirs contre l’hélicoptère, des observateurs militaires russes membres de la force d’interposition « n’ont pas entendu les ordres » de la mission au moment où elle a demandé un repérage d’un lieu dissimulant a priori une pièce d’artillerie D-44 de 85 mm. Cette pièce, suspectée d’être à l’origine des tirs du 3 septembre, occupait un emplacement violant les accords de paix, et aurait été démontée avant qu’une nouvelle mission de l’OSCE ne soit dépêchée sur place. Au final, et à titre de conclusion provisoire, ces données tendent à montrer que l’incident du 3 septembre pourrait être davantage le résultat d'intentions manipulatrices réciproques entre le régime de Saakachvili, les milices d’Ossétie du Sud et leur parrain russe ; et moins l’œuvre d’éléments particulièrement agressifs déterminés à abattre dans n'importe quelle circonstance des appareils géorgiens. Langue du document : anglais
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