| Le Texas transige avec la filière française des trafics irakiens |
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Le 14.12.06 En toute discrétion et en l’espace de quelques jours, nous venons d’assister à la mise au coffre définitive du dossier des trafics de pétrole irakien. Le 8 décembre pourtant, Paul Vockler, chef de la mission d’enquête des Nations-Unies sur ces trafics, prononçait la dissolution de son groupe et mettait ses preuves à la disposition des services judiciaires des pays concernés. Peine perdue... Comme www.geopolitique.com est en mesure de le prouver, le 6 novembre un procureur de Houston avait en réalité enregistré le paiement d’une amende de 8 millions $ par la société suisse Trafigura AG, en contrepartie de l’arrêt des poursuites contre la filière française des trafics de pétrole irakien. Comme vous l’apprendrez en découvrant les documents obtenus par www.geopolitique.com, au terme de cet accord signé entre l’avocat du directeur de Trafigura, Eric de Turckheim, et le procureur de Houston, Donald DeGabrielle, le département américain de la Justice abandonne ses charges contre ces trafics. Et vous en mesurerez la portée en lisant la transaction proposée à Trafigura par le département américain du Trésor, pour régler le sort des flux financiers générés par ces ventes illicites. Dans le dossier que nous avons obtenu, les protagonistes reconnaissent par écrit que les opérations étaient ordonnées par la société parisienne Ibex France. Et qu’elles étaient réalisées grâce aux pétroliers affrétés par une filiale de Trafigura basée aux îles vierges britanniques. Ils indiquent aussi clairement que les dividendes financiers partaient vers une fiduciaire enregistrée à Nassau au Bahamas, la bien nommée Roundhead Inc. Ces 23 pages que nous vous proposons de télécharger pèsent lourd, en particulier contre certains députés et journalistes parisiens qui depuis 2005 ont maintes fois mis en cause le sérieux des recherches sur l’existence d’une filière française dans les trafics de pétrole irakien. En particulier lors de la publication des rapports intermédiaires de Paul Vockler , qui évoquaient cette même société Ibex, ainsi que l’homme d’affaires Patrick Maugein, proche de Jacques Chirac. Pour autant, le cadre juridique dans lequel le procureur du Texas a pris sa décision compromet de facto la suite du dossier. Plus une juridiction ne peut désormais revendiquer la légitimité de poursuivre les bénéficiaires ultimes – peut-être politiques – de cette filière française. Car d’une part, c’est dans des raffineries situées aux Etats-Unis que les cargaisons illicites de pétrole brut irakien achevaient leur voyage, et d’autre part, les services du procureur DeGabrielle ont refusé à l’administration irakienne de se porter partie civile dans ce dossier. Au regard de ces limites de compétences territoriales, peu d’espoir subsiste de voir les ultimes responsables poursuivis. En France, la raison oblige en effet à ne rien attendre des très hypothétiques archives du négociant en matières premières Patrick Maugein, emporté par un cancer ce 5 décembre, à l’âge de 59 ans. Un homme d’affaires systématiquement protégé par la DST, largement impliqué dans une affaire de tentative de meurtre jamais élucidée en France, et patron de la société de courtage pétrolier Soco International.
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