| Le rapport secret de l'AIEA sur les trafics de composants nucléaires |
|
|
|
Le 08.03.07 Comment des États se procurent-ils discrètement, sur des marchés illicites, les composants nécessaires au développement d’un arsenal nucléaire ? Quelle est l’ampleur des trafics de réacteurs expérimentaux, de plutonium ou de logiciels de calcul dédiés ? La question est cruciale pour les diplomates, alors que la doctrine de la non-prolifération s’est vu profondément remise en cause ces derniers mois... Pour en évaluer la portée, www.geopolitique .com vous propose de télécharger un rapport classifié, émanant du Bureau de la sécurité nucléaire de l’Agence internationale à l’énergie atomique… Il s’agit du rapport confidentiel de l’agence atomique sur les trafics nucléaires pour la période 1993-2002, rédigé par Anita Nilsson, chef du Bureau de la sécurité nucléaire – un document strictement réservé aux fonctionnaires du Conseil de Sécurité de l’ONU, dont dépendent les travaux de l’AIEA. Il examine et détaille en 38 pages le rôle des organisations criminelles (russes et italiennes) dans ces trafics ; les types de matériels disponibles au marché noir ; et les failles dans les sites nucléaires officiels. La crise iranienne bien sûr, mais aussi le tir des Pakistanais ce 23 février d’un missile balistique longue portée à capacité nucléaire, quelques mois après l’essai d’une première arme nucléaire en Corée du Nord, ont récemment transformé l’enjeu des négociations internationales sur les armes nucléaires. En coulisse, les plus réalistes ne parlent plus de « non-prolifération », mais de « prolifération étroitement contrôlée ». Les diplomates ne doivent plus obtenir la promesse, de la part d’un gouvernement étranger, qu’il n’engagera pas des programmes coûteux pour obtenir l’arme nucléaire et qu'il respectera sur ce point le droit international. Ils doivent plutôt proposer une contrepartie suffisamment attractive pour qu’il renonce à une technologie militaire de plus en plus accessible pour une vingtaine de pays. Cette évolution en dit long. Elle signe l’échec cuisant du club des cinq puissances atomiques sur le contrôle et le confinement de leurs technologies nucléaires et de leur savoir-faire intellectuel (dissémination des cerveaux). Quand les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Russie et la Chine n’ont pas eux-mêmes organisé certains transferts de manière occulte (vers l’Algérie, Israël ou l’Inde) au nom de calculs géopolitiques.
|
