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Le rapport d’Interpol sur les trafics d’armes de Victor Bout Version imprimable Suggérer par mail
Criminalité

ImageDocument de 30 pages, daté du 4 décembre 2000, rédigé par la direction criminelle d’Interpol.

Le 8.06.06. Né le 1er janvier 1967 à Douchanbé au Tadjikistan, Victor Anatloiyevich Bout s’est imposé entre 1998 et 2002 comme l’un des principaux fournisseurs d’armes pour la plupart des régimes de la planète frappés d’embargo par les Nations Unis...

Par l’entremise de sa myriade de sociétés (telle la compagnie aérienne Air Cess), le plus souvent gérées depuis ses bureaux situés près de l’aéroport de Sharjah aux Emirats Arabes Unis, Victor Bout a approvisionné le régime de Charles Taylor au Libéria, celui des Talibans en Afghanistan, les rebelles de l’Unita, ou encore les pouvoirs militaires de Sierra Leone et de la république démocratique du Congo. Sa notoriété dans ce secteur d’activités a même atteint Hollywood, puisque le réalisateur Andrew Niccol s’est inspiré du parcours de Victor Bout pour le personnage principal de son film « Lord of War ».

Comme le démontre ce rapport de renseignement d’Interpol, dès la fin de l’année 2000, Victor Bout apparaissait comme un acteur de premier plan pour l’organisation de trafics d’armes en Afrique. Intitulé « Project Blood Stone », ce document synthétise le travail opérationnel de l’agence internationale de police sur toutes les activités de Victor Bout en Angola, et notamment sur ses opérations sur le marché parallèle du diamant pour financer ses propres livraisons d’armes.

Or, en dépit des nombreuses preuves accumulées à l’occasion de ces enquêtes et ultérieurement (notamment en 2002 par une commission de l’ONU travaillant sur les soutiens logistiques apportés aux Talibans), les sociétés de Victor Bout n’ont fait l’objet de poursuites officielles de la part d’États occidentaux qu’à partir de décembre 2004. Et le département américain du Trésor a décrété le gel de ses avoirs le 26 avril 2005 seulement (certains de ses associés et partenaires étaient domiciliés depuis longtemps aux Etats-Unis).

En outre, du 6 au 9 mars 2005, l’état-major de l’armée de l’air britannique a sous-traité une partie de ses missions de transports de matériel vers le Moyen-Orient auprès de la société Trans Avia, une entité contrôlée par Victor Bout. Et, à Washington, lors d’une audition de la Commission des finances de la Chambre des Représentants du 1er mars 2006, portant sur des questions de sécurité financière, des parlementaires et des responsables du Trésor ont évoqué la possibilité que les activités de Victor Bout se poursuivent encore depuis les Emirats Arabes Unis – vraisemblablement à travers de nouvelles structures juridiques. Ces contradictions apparaissent comme autant d’indicateurs des protections dont il aurait pu bénéficier de la part de gouvernements occidentaux et arabes.


 Langue : anglais
Identification : entête d’Interpol, marquage par le numéro de fax de la direction des affaires criminelles d’Interpol, au siège de l’agence à Lyon.

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