| La compagnie Skyways entre trafic de drogue et terrorisme |
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La société dépend en effet de la Saudi National Commercial Bank. L’établissement, au moment des faits, de l’homme d’affaires Khaled bin Mahfouz, banquier historique de la famille royale. Et la cocaïne a bien été livrée en France dans les soutes d’un Boeing de Skyways, pilotée ce jour-là par un commandant de bord employé de la compagnie, Keith Monroe. Mais surtout. Comme www.geopolitique.com est en mesure d’en apporter les preuves aujourd’hui : un autre pilote de Skyways International, Mohammed Tahsin, est lui impliqué dans le cadre des enquêtes sur les attentats du 11 septembre. De quoi alimenter des soupçons sur les buts ultimes poursuivis par cette compagnie aérienne. www.geopolitique.com vous propose de télécharger un courrier de l’attaché des douanes auprès de l’Ambassade des Etats-Unis à Paris, daté du 30 décembre 2002. Cette lettre désigne un ressortissant pakistanais, Mohammed Tahsin, comme étant « financièrement associé » à l’un des pirates du 11 septembre 2001, Ahmed al-Ghamdi. L’attaché des douanes demande aux autorités françaises des détails sur un séjour effectué par Mohammed Tahsin à Paris, fin 2001, dans l’établissement de luxe Résidence Maxim’s. Nous avons pu nous procurer des éléments comptables relatifs à cette escale. Comme vous le découvrirez avec ces documents mis en ligne, Mohammed Tahsin dispose de réservations passées par Skyways et paye avec la carte American Express de Skyways. Dans notre fichier de documents confidentiels, vous prendrez également connaissance des faxs émanant de la Branche Aviation de la National Commercial Bank, confirmant que Skyways est gérée depuis le siège social de cette banque, à Djeddah, longtemps présidée par Khaled bin Mahfouz.
Concernant les 2 tonnes de cocaïne acheminées en France par le Boeing de Skyways (immatriculé VP-BNA, photographié ci-contre), sur la base d’une coopération judiciaire menée avec les services antidrogues américains de la DEA, les enquêteurs français ont tenté de reconstituer le schéma global de l’opération. Grâce à une ex-petite amie américaine, Doris Mangeri-Salazar, le prince Al-Shaalan a été mis en relation avec le cartel colombien de Carlos Zapata. Lui-même et ses lieutenants ont été invités à Riyad par le prince, qui a proposé de mettre à leur disposition des avions saoudiens pour acheminer leur production de cocaïne vers l’Europe (la police américaine aurait retrouvé au domicile de Doris des photos prises à Riyad ; et elle-même a été reconnue coupable pour ce trafic de drogue et condamnée à 24 ans de prison le 28 août 2005 par la Cour de Miami). Dans un rapport de synthèse de la DEA, les frères Zapata (arrêtés aux Etats-Unis et qui ont accepté de collaborer avec la justice) évoquent les mobiles religieux du prince ; ils rapportent que celui-ci, par cette opération, entendait ouvertement servir la cause islamique. Une hypothèse qui laisserait supposer une opération de financement occulte en faveur d’un mouvement islamiste. Sur la base d’une autre coopération, menée par les services judiciaires suisses, les enquêteurs estiment que les recettes financières de ce trafic de drogue étaient destinées à être blanchies par la Kanz Bank, une petite banque privée de Genève fondée par Nayef Al-Shaalan lui-même, et qui a subitement fermé au lendemain des premières arrestations effectuées en France et aux Etats-Unis. Côté helvétique, on estime que cette banque devait blanchir l’argent de la drogue grâce à schéma organisé par un homme d’affaires espagnol spécialiste des marchés de l’art, Jose Maria Clemente. Divers procès-verbaux de l’instruction indiquent que Clemente et Al-Shaalan se sont rencontrés à plusieurs reprises au moment des préparatifs de l’opération. Et, dans le cadre de ce trafic de drogue, Clemente a été arrêté à Barcelone par les services antidrogues espagnols le 11 décembre 2002, qui l’ont inculpé pour blanchiment.
Identification : signatures et tampons de l'ambassade des Etats-Unis et de la NCB
Retrouvez ici les premiers documents confidentiels publiés par www.geopolitique.com sur cette affaire de la coke soudienne .
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