| ConocoPhillips accusé de corruption en Indonésie et au Timor |
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Le 25.01.07 Comme le montrent les documents obtenus par www.geopolitique.com, le géant pétrolier américain ConocoPhillips s’apprête à vivre des heures difficiles devant le juge Emmet Sullivan de la cour de Washington (DC). La multinationale des hydrocarbures basée au Texas est accusée de corruption, de racket et de concurrence déloyale, dans une plainte déposée le 1er mars 2004, dont la première phase d’instruction devrait s’achever avant la fin du mois de février, avec la présentation de plusieurs témoins décisifs... La plainte – longue de 109 pages et que nous vous proposons de télécharger ci-dessous – détaille les moyens financiers mis en œuvre par ConocoPhillips pour obtenir de très rentables concessions pétrolières au Timor et en Indonésie. Elle a été formulée par une petite société américaine spécialisée dans l’exploration off-shore, Oceanic Exploration. Les dirigeants de cette dernière estiment que les autorités du Timor Oriental leur ont injustement retiré un permis d’exploration, au profit de ConocoPhillips, grâce à des liens particuliers qu’entretenait ce groupe avec des responsables politiques locaux. Jadis colonie portugaise, le Timor Oriental a été annexé en décembre 1975 par le régime indonésien du dictateur Haji Mohammed Suharto, et n’a accédé à l’indépendance qu’au mois de mai 2002. Cette annexion de 1975 a bénéficié de la bienveillance de la Maison Blanche et du département d’État américain, comme l’illustre un télégramme diplomatique classifié « secret » que nous vous proposons également de télécharger, relatant une rencontre entre le président Ford, Suharto et Henri Kissinger, peu de temps avant cette opération militaire. S’épanouissant dans cet environnement politique-là, ConocoPhillips, présent en Indonésie dès la fin des années 60, est progressivement devenu la première entreprise étrangère du pays ; jusqu’à contrôler en 2001 4% de sa production pétrolière et 8% de ses ressources gazières. Mohammed Suharto, qui a quitté le pouvoir en 1998 après trente ans d’exercice, a fréquemment été présenté comme l’un des dictateurs les plus corrompus de la planète – en 1988, le magasine Time estimait sa fortune personnelle à 16 milliards de dollars. Selon les pièces présentées au juge par les avocats d’Oceanic Exploration, les intrications régionales entre affaires pétrolières et pouvoirs publics auraient conduit les dirigeants de ConocoPhillips à verser des pots-de-vin aux dirigeants du jeune État du Timor Oriental, au moment de l’indépendance. En particulier, des témoins devraient prochainement s’exprimer sur un versement de 2 millions de dollars à l’ancien Premier Ministre du Timor Oriental, Mari Alkatiri, dont la moitié aurait été transférée le 15 juin 2002 sur un compte en banque en Australie. Pour l’heure, les dirigeants de ConocoPhillips affirment que ces accusations ne sont pas fondées. Langue du document : anglais
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