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Borrel : les dossiers du juge Le Loire sur l’attentat du Café de Paris Version imprimable Suggérer par mail

ImageTéléchargez ces 41 pages avec les notes des agents de la DST envoyés à Djibouti pour enquêter sur l’attentat du Café de Paris.

Le 14.06.07 Jusqu’à son meurtre perpétré à Djibouti le 19 octobre 1995, le magistrat français Bernard Borrel travaillait dans cette ancienne colonie française comme coopérant pour le cabinet du ministre de la justice local. Sur place, le juge Borrel était officiellement investi d’une mission de conseiller pour la mise en place d’une nouvelle législation pénale. Cependant, ses fonctions l’amenèrent aussi à servir d’interface pour le magistrat parisien Roger Le Loire, responsable de l’instruction sur l’attentat antifrançais du Café de Paris, commis à Djibouti le 27 septembre 1990…

La juge Sophie Clément, qui mène les investigations sur l’assassinat de Bernard Borrel, s’intéresse à cet épisode dans le cadre de ses recherches sur le mobile du crime. Une problématique pour le moins épineuse, car, avant elle, le même Roger Le Loire a été également chargé de cette instruction sur la mort du juge Borrel. À l’époque, Roger Le Loire parvenait à la conclusion que Bernard Borrel s’était suicidé ; mais ce scénario a été formellement contredit par le collège d’experts, réuni par la justice à partir de 2002.

 Au regard des pièces versées au dossier Borrel, sa collaboration avec Roger Le Loire aurait pu amener Bernard Borrel à effectuer des recherches mettant en évidence des relations singulières entre l’entourage du président djiboutien Ismaël Omar Guelleh, des réseaux affairistes franco djiboutiens, et quelques officiers français

De telles collusions – évoquées dans une procédure du Tribunal aux affaires militaires de Paris – auraient dû intéresser le juge Borrel, par ailleurs officier de réserve de la Marine française, pour comprendre les limites du système judiciaire djiboutien.  

L’attentat à la grenade contre l’enceinte du Café de Paris, un lieu de rassemblement de la communauté française, causa la mort d’un enfant de six ans, fils d’un militaire français basé à Djibouti, et blessa dix-sept autres personnes. 

En mars 1993 – soit un an avant l’arrivée de Bernard Borrel à Djibouti – des rapports de la DST adressés à Roger Le Loire, révélèrent l’existence de nombreuses manipulations des autorités locales, pour faire porter la responsabilité de cet acte sur un mouvement d’opposition au régime. Il s'agissait en particulier de discréditer la communauté des Gadaboursi, traditionnellement hostile à la communauté Issa, dont est issu le président de Djibouti Ismaël Omar Guelleh.

 Les Gadaboursi furent mis hors de cause après quelques mois. Puis, comme vous le découvrirez avec les documents de la DST et du parquet de Paris que nous avons scannés, l’enquête française, orientée un temps par les informations des services secrets de Djibouti – le SDS – désigna un autre opposant au régime comme le commanditaire de cet attentat. Aden Robleh, président du Parti national démocratique. Et elle identifia un ancien militaire, Awaleh Guelleh Assoweh, comme le chef du commando qui avait lancé les grenades. 

À cette période, le SDS était sous la tutelle d’Ismaël Omar Guelleh. Par ailleurs, selon le témoignage d’un ancien membre de la Garde présidentielle versé au dossier de Sophie Clément, le même Awaleh Guelleh Assoweh serait directement impliqué dans l’assassinat de Bernard Borrel. Quant à Aden Robleh, après avoir longtemps dénoncé une machination des services secrets djiboutiens et avoir clamé son innocence, il a été jugé le 9 avril 2001 par la Cour criminelle de Djibouti. La cour l’a condamné à six mois de prison avec sursis pour cet attentat et l’a aussitôt remis en liberté.

Aux yeux du ministère de la justice français, selon le réquisitoire définitif du 27 mars 1997, Aden Robleh reste l’ordonnateur de l’attentat du Café de Paris.      

Langue du document : français
Identification : en-tête et signature de la DST et du parquet de Paris

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