| Affaire Clearstream, la déposition intégrale du général Rondot |
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Le 14.09.06. C’est probablement le procès-verbal le plus commenté de ces dernières années. Dans cette déposition recueillie le 28 mars 2006, dans le cadre de l'affaire Clearstream, le général Philippe Rondot (ex Conseiller spécial renseignement du ministre de la Défense) s’exprime au présent de l’indicatif sur un compte enregistré au nom de Jacques Chirac... Et ouvert auprès de la Sowa Bank de Tokyo, et dont le solde créditeur avait été évalué selon lui à 300 millions de Francs. Les quelques paragraphes au sujet du compte japonais signés par le général Rondot, provoquèrent au mois de juin dernier d’interminables exégèses fondées sur ce que chacun croyait tenir pour certain quant au sens qu’il convenait de donner à ses déclarations – le plus souvent sans avoir lu ladite déposition. Dans certaines rédactions ou à l’Assemblée Nationale, on considéra avec tant de précautions ces informations qu’on s’interdit de les vérifier, quand d’autres jugèrent opportun de relayer plus que de raison les messages de démentis cinglants de l’Elysée (pareil élan ne semblant pas le servir in fine). Coincés entre prudence extrême et vibrantes amitiés, personne, à notre connaissance et à ce jour, ne mobilisa les moyens nécessaires pour simplement valider ou invalider cette information explosive, en menant l’investigation qui s’imposait, c’est-à-dire à la source, auprès de la Sowa Bank. D’autant qu’en l’espèce, la contre-enquête se serait vue considérablement facilitée par le procès du mois de mai dernier sur la faillite de la Sowa Bank. Car, à Tokyo, cet épisode judiciaire a permis aux avocats des victimes de recueillir de volumineux documents sur la comptabilité de la banque, sur ses clients et sur les pratiques financières et politiques de son fondateur, Soichi Osada. Des commissions d’enquête parlementaires ou des journalistes lancés sur des affaires sensibles débutent rarement leur recherche avec des pistes aussi prometteuses. Contre toute attente, les très larges extraits recopiés dans Le Monde (celui-ci omettant en totalité le passage sur la Sowa Bank, comme le signala Le Canard Enchainé) ou L'Express ne dissipèrent pas tous les doutes. Pour éclaircir définitivement cette situation, voici donc une copie de l’original de ce procès verbal. Il est reproduit dans son intégralité. C'est à notre sens le meilleur moyen pour se forger une opinion quant à la pertinence des révélations qu'il renferme, et aux suites qu'elles devraient connaître. Au moment de cette déposition (enregistrée dans le cadre de l’affaire Clearstream), Philippe Rondot, haute personnalité des services secrets, coauteur de plusieurs opuscules de codification du renseignement humain pour la DGSE, spécialiste du monde arabe, avait quitté son poste de Conseiller renseignement et opérations spéciales du ministre de la défense le 31 décembre 2005 pour faire valoir ses droits à la retraite. Un départ à la retraite que plusieurs gouvernements lui refusèrent jusque-là en raison de sa connaissance approfondie des dossiers touchant à la sécurité de l’État (il lui a ainsi été accordé à 69 ans passés). Quant à la Sowa Bank, c’est un établissement fondé par l’homme d’affaires nippon Shoichi Osada, présenté comme un ami du président, et par ailleurs condamné le 25 mai 2006 par le Tribunal de Tokyo à une amende de 18,9 milliards de yen pour avoir précipité la faillite de cette même banque. Identification des pages du document : signatures visibles au bas des pages du procès-verbal. |
